[ Nous retounerons en Espagne, mais ne reverrons plus jamais Ping... ]

[ Nous retounerons en Espagne, mais ne reverrons plus jamais Ping... ]


J'avais bouffé deux ans de mac do pour m'acheter un petit vélo, y'était pas beau y'était pas gros... Mais bon, il m'emmenait au boulot. Et puis un jour, au fond de la cour où je le bouclais sans double tour, il était plus là, mon petit vélo, « Non sans doute, il était pas parti tout seul ! »

Alors, c'est çà rien n'est à moi !
Alors voilà rien n'est à moi !
Alors c'est çà rien n'est à moi !
Même pas un p'tit vélo !

J'avais adopté un cabot un p'tit caniche croisé blaireau, il était moche mais il faisait le beau, il faisait « wafwaf !». Il faisait « woufwouf ! ». Et puis un jour, un gros poids lourd qui effectuait son demi-tour, il n'avait pas vu mon petit cabot. Et puis ce jour est l'un de ses jappements dans les pots d'échappements.

Alors c'est çà rien n'est a moi !
Alors voilà rien n'est à moi !
Alors c'est çà rien n'est a moi !
Même pas un p'tit cabot

J'avais gagné 100 000 euros, pour une fois que j'jouais au loto j'ai dis « Ce soir j'mets l'apéro et tu m'mettras deux-trois bancos ! » Mais quand on se bourre la gueule trop de jours, y'a la chance qui va faire le tour et mon p'tit ticket valant plus rien, et ben je me retrouvais avec rien plus rien...

Alors c'est çà rien n'est à moi !
Alors voilà rien n'est à moi !
Non, non, non, non, alors c'est çà rien n'est a moi !
Même pas un p'tit vélo, même pas un p'tit cabot !

J'avais séduit une aristo, moi à moi, j'étais son hidalgo ! Moi qui jamais n'avais gagné trop à faire connaitre ma libido !
Elle était belle... Elle était jeune... Elle était seule. On c'est aimé ! Et un puis un jour, ce que c'est que l'amour, au réveil, je n'ai pas dit bonjour ! Sa a tourné court, 10 ans plus tard et pour toujours, me taper les courses à carrefour, les couches des gosses, des frites au four, les vacances chez sa mère dans la Roure et les bouchons sur le retour, les regards de fer dans ½il de velour, les « Mon chéri, tes potes sont lourds ! »
Non mais, dit donc tu crois çà, en me regardant dans les yeux, quelle vie à moi comme çà « Tes potes sont lourds » ?
Et puis tout çà, çà c'est à toi, tu l'as voulu non ?
Mais j'en veux plus maintenant ! Et oui ces gosses là, ils sont bien d'moi les gamins ! Oh si c vrai ! Et leurs power- rangers qui trainent dans l'entrée, et les factures impayées, et le chien qui mort sans arrêt ! Et dans le garage, mais qu'est ce qui se passe J'ai un 4x4 moi maintenant ? Oh non ! Si j'aurais su, j'aurais rien eu !



Royal Goulasch, "rien n'est moi"

# Posté le vendredi 17 août 2007 08:30

Modifié le mercredi 01 avril 2009 15:36

Les raisons de la colère universitaire

Les raisons de la colère universitaire
Voici les réformes contre lesquelles nous nous battons et pourquoi nous sommes bien décidés à les voir définitivement abandonnées ! Personne n'a dit qu'il ne fallait pas réformer le recrutement des enseignants et l'Université, mais les propositions qui nous ont été faites de nous conviennent pas et mettent en péril des valeurs fondamentales du service public de l'éducation nationale.


La masterisation de la formation des enseignants est une agression sociale, une absurdité en matière de formation, elle organise la casse du service public de l'éducation. En repoussant l'année de rémunération d'un an pour les futurs enseignants, le gouvernement ne fait pas seulement une économie d'environs 20 000 postes sur le dos de l'éducation nationale mais il sélectionne socialement les enseignants, en effet, quel étudiants pourra se permettre une année d'étude non payée supplémentaire en devant réaliser un mémoire et sa préparation au concours ?Quelle sera la compétence des enseignants après un stage de maximum 108 heures dans une classe (autrement dit un moi de stage en classe au lieu d'un an de formation en alternance à l'IUFM) ? Les étudiants obtenant le master mais recalés au concours seront les futurs employés précaires de l'éducation nationale, la mais d'½uvre corvéable et jetable, Après avoir réduit les épreuves du CAPES à la portion congrue, on finira par constater l'inutilité des concours : Le statut d'enseignant titulaire sera alors fragilisé et disparaitra peu à pu.

La LRU instaure la concurrence entre les universités et donne à leurs présidents de supers pouvoirs, met directement en danger les petites universités comme la nôtre, dont la population étudiante est précaire et issue de classes les plus fragiles (43% de boursiers). La loi LRU poursuit l'attaque organisée du gouvernement contre els sciences humaines, jugées peu rentables, à l'instar de la déclaration de M Sarkozy ; « Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n'a pas forcement à payer vos études de littérature ancienne ». La LRU va à termes faire des universités des entreprises comme les autres ; cette marchandisation de la connaissance met en péril une conception humaniste du savoir qui vise à porter un regard ouvert sur le monde. A quand l'université d'Artois cotée au CAC40 en compagnie de Total et de Buffalo Grill ?

La réforme du statut des enseignants chercheurs met en péril l'indépendance de la recherche et transforme les chercheurs en courtisans à la botte des Présidents, la forte mobilisation enseignante a obtenu que le projet de décret soit retravaillé sans avoir eu, pour le moment, m'assurance que l'ensemble des points les plus inquiétants soient revus.


Plus généralement, les étudiants demandes des mesures pour lutter contre la précarité étudiante ; une allocation d'autonomie pour tous les étudiants, le rétablissement de l'échelon zéro de la bourse et la baisse des prés requis pour l'attribution des bourses.
Nous ne gagnerons pas sans votre soutien.

Le CAAL.

# Posté le dimanche 09 mars 2008 04:57

Modifié le mercredi 15 avril 2009 16:25

Explication des réformes

Masterisation des concours :
en danger, la formation des enseignants et donc l'éducation de nos enfants.



- la formation pratique réduite à la portion congrue. Actuellement la formation des enseignants est déjà de 5 ans, mais cela inclut une année de stage sur le terrain, rémunérée, à mi-temps. Par mesure d'économie, cette année de stage est supprimée : la formation pratique serait réduite à quelques mois et ses modalités ne sont pas absolument précisées à ce jour, alors qu'il s'agit d'une logistique complexe à mettre en place. Ce seront des enseignants moins bien formés qu'on enverra devant les élèves, à temps plein dès leur première rentrée !

- la baisse des exigences pédagogiques : les nouvelles épreuves des concours de recrutement, loin de valoriser les études faites à l'université, porteront, pour le CAPES, sur « les programmes d'enseignement des lycées et collèges ». Peut-on accepter que les futurs enseignants en sachent juste un peu plus que leurs élèves ? Dans une première version des CAPES de Langues Vivantes, il n'était pas prévu d'épreuve orale vérifiant la maîtrise de la future matière enseignée !

-Futurs enseignants précarisés, lors de leurs études (cinq ans, non rémunérées, rendent l'accès aux métiers de l'enseignement plus difficile aux étudiants de milieux modestes) et lors de leur entrée sur le marché du travail. Les titulaires d'un master-enseignement qui auront échoué au concours, viendront rejoindre la cohorte des enseignants précaires qui servent à « boucher les trous » provoqués par la suppression de 35000 postes dans l'Education Nationale entre 2007 et 2009. Des « petites annonces » nous sont actuellement envoyées pour recruter des vacataires à l'heure, au niveau licence, dans toutes les matières d'enseignement : ne vaudrait-il pas mieux, si on manque de profs, ouvrir davantage de places au concours ? L'objectif de la « réforme » semble en réalité, à court terme, la disparition des concours et la suppression du statut de fonctionnaire pour les enseignants.

-Système éducatif gravement menacé : n'ayant en outre plus accès à l'initiation à la recherche qu'ils pouvaient attendre de leur formation universitaire (il ne sera plus possible de préparer un concours et de s'investir parallèlement dans un master-recherche : on ne peut s'inscrire qu'à un master et un seul, recherche ou enseignement. Le choix sera vite fait), ce sont des enseignants peu ou mal formés qui dispenseront, d'ici quelques années seulement, une éducation au rabais aux générations futures.





Statut des enseignants-chercheurs :
conséquence de la LRU, vers une université-entreprise



- Chef d'entreprise et « ressources humaines » : la loi LRU fait du Président de l'Université un « patron » et, avec la réforme du statut des enseignants-chercheurs, lui donne la haute main sur son « personnel », avec un risque évident d'arbitraire. Transformer les enseignants-chercheurs en employés de l'université où ils exercent met fin au principe intangible d'indépendance de la recherche ; ce n'est pas au C.A. et au Président de l'université d'évaluer le travail de l'enseignant-chercheur, mais à la communauté scientifique. C'est un mensonge que de dire que nous refusons d'être évalués : nous nous soumettons déjà, aujourd'hui, à de nombreuses et complexes procédures d'évaluation.
- Des charges d'enseignement amenées à doubler ! à la place de l'égalité statutaire de tous les enseignants-chercheurs en France, est mise en place une « modulation de service », au bon vouloir de la Présidence en fonction de ses « besoins » (et de son budget...). Elle permet de jusqu'à doubler le temps d'enseignement des personnels de l'éducation supérieure – pour le même salaire, cela va de soi. C'est un mensonge que de dire que les « meilleurs » chercheurs seront récompensés par une charge d'enseignement moindre (l'enseignement, au passage, constitue donc pour le ministère une punition !) : les premiers exemples de mise en place de ces « modulations » montrent que, les budgets connaissant des coupes massives, les UFR de sciences humaines seront les grands perdants de la répartition, avec des services systématiquement doublés. L'économie saute aux yeux : deux fois moins de gens pour faire le « même » travail – au prix d'une inévitable dégradation de la qualité de l'enseignement délivré.

- Une concurrence sauvage entre disciplines et entre universités, pour recruter des étudiants, pour tenter de préserver la recherche. Avec la LRU, c'est à chaque président désormais de répartir une dotation budgétaire globale entre les différentes disciplines enseignées, selon qu'elles sont jugées plus ou moins « utiles » et « performantes » – et l'on sait combien M. Sarkozy estime les lettres et sciences humaines ! Au niveau national, un système à deux vitesses se profile : avec le plan Campus (qui vise à valoriser 10 « pôles d'excellence » pour tout le territoire), on se retrouve avec d'un côté, des universités prestigieuses qui offriront un enseignement de qualité adossé à une recherche active, et de l'autre des établissements de seconde zone, simples « collèges universitaires », où enseignants et étudiants surchargés de travail n'auront plus la possibilité d'être aussi des chercheurs. La qualité des formations délivrées est encore menacée par l'hypothèse d'un budget attribué, non plus en fonction du nombre d'étudiants, mais des taux de réussite : exemple frappant de mesure dangereuse et contre-productive, puisqu'au lieu d'élever le niveau elle entraînera, dans ce contexte de concurrence, une course à la baisse – venez chez nous, diplômes bradés !

-Les valeurs fondatrices de l'Université mises à mal : aussi bien dans sa grande mission d'éducation démocratique et égalitaire que dans les principes de collégialité (solidarité, répartition des tâches) qui permettent aujourd'hui le bon fonctionnement de l'Université et de la Recherche, et qui sont incompatibles avec une logique entrepreneuriale.

-L'Université d'***** spécialement menacée : notre petite université, fière de sa mission locale dans une région défavorisée, pâtira à l'évidence des nouvelles inégalités géographiques – et c'est pour cette raison qu'il nous faudrait accepter les « réformes » ??! Faut-il « sauver l'Artois » en se soumettant à un destin présenté comme inéluctable, au nom du « moindre mal » ? Ne faut-il pas plutôt refuser le spectre des « concurrents » lillois, et se concentrer sur une politique universitaire ambitieuse



Nous nous opposons aux réformes anti-sociales qui cassent les services publics et revendiquons le retrait des lois et décrets cassant le Service Public d'éducation nationale, (mesures Pécresse Darcos de la maternelle à l'université : LRU, masterisation, RASED, réformes des lycées,...)

Explication des réformes

# Posté le mercredi 12 mars 2008 11:53

Modifié le mercredi 15 avril 2009 16:45

" Votre soeur..." mumurait-il et il l'enferma dans ses bras. Ils s'étreignaient.

" Votre soeur..." mumurait-il et il l'enferma dans ses bras. Ils s'étreignaient.
"Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l'ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse.
Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allérent jusqu'à la barque. L'ombre de madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu'il retenait le bord et la maintenant près dela rive. Elle avait retroussée sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Les larmes glissaient sur ses joues. Il mumura:
-Je ne sais comment dire: Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids."

Pascal Quignard, Tous les matins du monde

# Posté le vendredi 14 mars 2008 13:52

Modifié le mercredi 15 avril 2009 16:58

Objet : Invitation

Madame la ministre,

depuis votre arrivée au ministère de la recherche et de l'enseignement supérieur, vous avez à d'innombrables reprises fait la démonstration de votre indéfectible attachement au service public d'enseignement supérieur et de recherche, de votre parfaite connaissance du monde universitaire et de votre remarquable aptitude à dialoguer avec ses éléments les plus représentatifs.
Pour gagner la bataille de l'intelligence, notre pays a besoin d'entreprises universitaires modernes et performantes. C'est tout le sens des profondes réformes que vous avez engagées.
Grâce à vous, madame la ministre, nos entreprises d'enseignement supérieur et de recherche disposent maintenant de tous les atouts pour relever avec dynamisme, souplesse et efficacité les défis du marché de
la connaissance. En particulier, une modulation des services librement consentie dans le cadre de la politique générale d'établissement définie par leur président permettra aux employés de chaque université d'optimiser leur potentiel d'enseignement et de recherche .
Parallèlement, un ambitieux dispositif de prêts étudiants va être mis en place afin d'assurer à tous un libre accès aux savoirs et de dynamiser le financement de nos universités.
Toutes les conditions sont désormais réunies pour permettre à nos clients de s'offrir des formations d'excellence, tout particulierement à celles et à ceux qui choisiraient de rejoindre l'équipe d'une entreprise
d'enseignement primaire ou secondaire.
Le monde universitaire a bien saisi l'importance de ces réformes historiques : semaine après semaine, des dizaines de milliers d'enseignants, chercheurs, étudiants et personnels administratifs vous manifestent leur
gratitude. Tous saluent votre discernement, votre sens de l'écoute et votre capacité à prendre la mesure des situations exceptionnelles. Tous sauront se montrer dignes de l'amour que vous leur portez.
Madame la ministre, vous en avez maintenant assez fait, et vous pouvez être fière de votre bilan. C'est désormais la région Ile de France qui va bénéficier de votre talent et recevoir tout votre amour. Nul doute
que ses habitants apprécieront à sa juste valeur votre total investissement.

Pour fêter dignement votre départ, Les personnels et étudiants de l'université d'****** ont le plaisir de vous inviter à venir partager avec eux un verre de l'amitié le Jeudi 16 Avril 2009 à 15h (sur le site de
l'université) .

Dans l'attente de votre réponse et de votre visite, nous vous prions d'agréer, madame la ministre, l'expression de notre plus haute considération pour la fonction que vous exercez encore.



Les membres de la section locale de l'UUMP,
Union pour une Université Moderne et Performante
Objet : Invitation

# Posté le dimanche 16 mars 2008 05:39

Modifié le jeudi 16 avril 2009 15:40

[ "Quelqu'un m'a tué ce matin, mais je ne sais pas qui. Aujourd'hui, je suis seul, je ne sens plus rien..." ]

[ "Quelqu'un m'a tué ce matin, mais je ne sais pas qui. Aujourd'hui, je suis seul, je ne sens plus rien..." ]

> "Appel de la coordination nationale étudiante de Besançon


> Nous, étudiants en lutte depuis fin janvier et réunis en coordination
> nationale étudiante les 18 et 19 avril 2009, appelons à radicaliser la
> mobilisation et à l'étendre à tous les secteurs.
> Face au mépris et aux attaques répétées du gouvernement cherchant
> à décrédibiliser et minimiser l'importance de notre mouvement, nous
> tenons à rappeler solennellement que nous nous battons contre le plan
> d'ensemble visant à casser tout service public et en premier lieu
> l'éducation et la santé.
> Les réformes actuelles et futures du gouvernement vont à
> l'encontre des principes fondateurs de l'Université : LE SAVOIR N'EST
> PAS UNE MARCHANDISE, L'UNIVERSITE N'EST PAS UNE ENTREPRISE.
>
> Le processus de Bologne et la stratégie de Lisbonne qui émanent
> directement des directives néo-libérales prônées par l'OMC et l'OCDE
> sont à l'origine des réformes que nous rejetons.
>
> C'est pour cela que nous exigeons sans condition ni négociation :
> - L'abrogation de la LRU, point central de nos revendications
> - Le retrait du décret sur le statut des enseignants chercheurs
> - Le retrait des décrets sur la « masterisation » des concours
> - Le retrait du plan licence
> - Le retrait du plan campus
> - Le retrait du contrat doctoral unique
> - Le retrait du projet de réforme du CROUS
> - Le rejet de tout financement basé sur la performance ou tout autre
> critère marchand
> - Le retrait de la réforme de l'allocation des moyens.
>
> Ces réformes accentuent la concurrence entre les Universités et
> entre les individus, soumettent le contenu des enseignements aux
> besoins immédiats des entreprises, dégradent nos diplômes et donc nos
> conditions de futurs salariés.
>
> Nous exigeons le retrait de ces réformes et décrets. A
> l'inverse de ces logiques nous nous battons pour :
> - Des Universités publiques, laïques, gratuites et non sélectives
> - Des diplômes cadrés nationalement de qualité reconnus par les
> conventions collectives
> - Un véritable système d'aides sociales étudiant sur critères sociaux
> (sachant qu'un étudiant sur deux est contraint de se salarier pour
> pouvoir étudier)
> - Une titularisation de tous les personnels précaires parmi les
> BIATOSS, CROUS, enseignants ...
> - Le recrutement massif et pluriannuel de personnels (enseignants,
> chercheurs, personnels administratifs)
> - Un financement 100% public et à hauteur des besoins
> - La suppression des accords passés avec le Vatican reconnaissant la
> validité de leurs diplômes
> - Une carte d'étudiant = une carte de séjour valable un an après la
> fin des études


> La mission essentielle de l'Université est de tout faire pour la
> diffusion des savoirs et l'émancipation intellectuelle de tous.
> Nous rappelons par ailleurs que la voix du mouvement étudiant
> s'exprime par le biais de la Coordination Nationale Étudiante ; les
> directions syndicales ne sont donc pas légitimes si elles prétendent
> négocier en notre nom, et ne sauraient s'y substituer. Pour cela nous
> appelons tous les étudiants réunis en assemblées générales légitimes à
> s'approprier ce moyen d'action majeur qu'est la CNE.

> Le manque de personnel ne touche pas seulement l'enseignement
> supérieur, mais tout le système éducatif, de la maternelle à
> l'université (80 000 postes supprimés d'ici 2012 dans le primaire et
> le secondaire, 1 090 postes pour l'université en 2009) de même que les
> organismes de recherche comme le CNRS, et l'ensemble des services
> publics subissant ces réformes.
> Nous construisons la lutte avec les lycéens, lésés et insatisfaits
> par le simple report de la réforme Darcos et tout autant concernés par
> les réformes de l'enseignement supérieur.

> Malgré les man½uvres du gouvernement pour désamorcer la
> mobilisation, la grève se poursuit. Nous condamnons les fermetures
> administratives abusives, la répression policière et la présence des
> forces de l'ordre sur les campus, ainsi que le recours à des sociétés
> privées de sécurité. Ces dérives autoritaires qui visent à museler le
> mouvement au nom de prétextes sécuritaires fallacieux n'entameront pas
> notre détermination.
> Nous appelons toutes les composantes de l'enseignement supérieur à
> l'arrêt total d'activité pour descendre dans la rue. Les mouvements
> interprofessionnels et les grèves générales menés par les populations
> d'Outre-Mer ne sont que les prémices de l'insurrection qui vient.
> Nous appelons d'ores et déjà l'ensemble des étudiants mobilisés à
> participer aux manifestations interprofessionnelles du 1er mai et à
> l'issue de celles-ci, à mettre en place partout en France des
> Assemblées Générales de ville. Ces assemblées générales seront à même
> de construire une grande coordination nationale inter-luttes pour
> organiser la grève générale.
> Jour après jour nous faisons face à une répression de plus en plus
> féroce. Cette répression n'a qu'un but, détruire notre mouvement.
> Face au ridicule de la proposition du gouvernement qui veut
> interdire le droit des manifestants à se protéger à la fois des
> fichages et des gaz lacrymogènes en se couvrant la tête, nous appelons
> à un acte simple de désobéissance civile, notamment à l'occasion de la
> manifestation du 7 mai : se couvrir le visage par tous les moyens
> possibles. Pour cela laissez libre cours à votre imagination.
> Nous appelons plus que jamais à construire un mouvement européen
> qui passera naturellement par la participation massive des étudiants
> au contre-sommet organisé à Louvain en opposition à la réunion des
> ministres chargés de l'enseignement supérieur qui se tiendra les 28 et
> 29 avril.

> Nous appelons toujours au BLOCAGE TOTAL ET ILLIMITÉ de l'ensemble
> de l'enseignement supérieur et de la recherche. En particulier, nous
> appelons au blocage national de toutes les instances administratives
> et à l'occupation des présidences, suivant l'exemple des ouvriers
> occupant leurs usines et séquestrant leurs patrons, dans une logique
> de radicalisation du mouvement.
>
> Notre mobilisation légitime ne s'essouffle pas. L'intérêt soudain
> de Pécresse pour notre réussite aux examens ne constitue qu'une
> instrumentalisation méprisable visant à nous faire céder et ne doit
> pas entraver notre lutte.

> Tous dans la rue, participons à toutes les actions et à toutes les
> manifestations aussi bien locales que nationales. Nous ne négocierons
> pas, nous ne capitulerons pas.

> La prochaine CNE se tiendra les 2 et 3 mai à Dijon.

> Résistons !"

# Posté le mardi 25 mars 2008 15:58

Modifié le jeudi 23 avril 2009 10:46

SAUVONS L'ECOLE PUBLIQUE!

SAUVONS L'ECOLE PUBLIQUE!
Le modèle de parcours pour le recrutement des professeur du secondaire proposé par X. Darcos est très similaire au modèle en fonction en Italie entre 1980-2000 qui conjuguait Capes et Agrégation en un concours unique (de difficulté intermédiaire) à passer après 4 ou 5 ans d'études universitaires (comme dans la réforme Darcos).
Les conséquences d'un tel système ont donc déjà bien été observées en Italie depuis les années 80 et c'est donc de celles-ci dont on va parler.

Précisons d'abord que la réussite à un concours déjà en 1980 ne débouchait pas forcément sur l'attribution d'un poste d'Enseignant.
Les lauréats du concours n'obtenant pas de poste étaient alors classés dans une liste d'attente dite 'liste permanente (des profs habilités)' déposée au Rectorat (correspondante à l'ANR), le classement se faisant selon un nombre de points calculés (au départ d'après la note finale du Concours et) par la suite en tenant compte des diverses expériences d'enseignement lors de remplacements ou vacations effectuées.
La note du concours étant fixée une fois pour toute, la seule manière d'améliorer son classement était d'effectuer des remplacements ou vacations (de 1 semaine à 9 mois) pendant que d'autres collègues n'en faisaient pas (ou pas assez) ; des raisons de refus peuvent être l'éloignement par rapport au lieu de travail, la durée trop courte proposée, etc.
Ce système a entraîné le grossissement des listes permanentes d'attente et une situation de grande précarité. En voici les dérives les plus marquantes : La 1ère dérive naturelle a été que la période légale de tenue des concours, initialement prévue tous les deux ans, n'a plus été respectée ; par exemple quand j'ai obtenu mon agrégation en Italie en 1986 le concours ne se tenait pas depuis 9 ans (1977) le concours qui a suivi mon recrutement s'est tenu encore 7 ans après en 1993... et ceci malgré la LOI selon laquelle les concours devaient se faire tous les DEUX ans...
On peut alors imaginer les milliers de candidats, la "confusion" et les irrégularités administratives continues qui entouraient ces concours, qui malgré tout étaient attendus comme des bouffées d'oxygène...
Malgré la loi, l'orientation ministérielle était la suivante :
« Si on ne veut pas créer de poste, pourquoi faire des concours ? »
"Pourquoi financer l'organisation de nouveaux concours quand il y a une longue liste d'attente de "qualifiés reçus précédemment aux concours" prêts à faire des vacations, ce qui coûte alors beaucoup moins cher que des postes stables.... ? "
La règle est alors devenue la précarité avec à chaque fois un recrutement sous contrat pour un certain nombre d'heures de "vacations" , ceci pendant que les meilleurs étudiants restaient en attente de concours éventuels pendant des années ou alors finissaient par se diriger vers d'autres carrières.
La 2ème dérive immédiate a été la "régionalisation" du concours et des listes permanentes, due à cette énorme armée de candidats, avec toutes les irrégularités qui peuvent en découler à savoir « népotisme et clientélisme » : les murs du Rectorat étaient régulièrement tapissés de recours déposés par un professeur habilité contre un autre, ce dernier ayant été appelé pour un remplacement alors qu'il possédait moins de points.
La 3ème dérive, (la plus inattendue pour les futurs enseignants mais pas pour les partisans de la concurrence à tout prix) a été que cette situation d'enseignants en attente a favorisé la naissance d'un grand nombre d'écoles privées .... Expliquons dans les détails ce piège infernal.
Il est fréquent qu'un enseignant en attente, après 2-3 ans d'inactivité, pour essayer de mieux se placer dans la liste permanente des habilités, accepte de travailler auprès d'une école privée.
L'Ecole privée, bien qu'elle soit en partie financée par l'Etat chaque année, affirme ne pas pouvoir supporter le coût d'un enseignant comme c'est encore le cas pour l'Ecole Publique.
Sous prétexte d'offrir des points elle négocie alors le salaire de l'enseignant embauché : la plupart du temps, le privé offre à l'enseignant désespéré un salaire capable à peine de couvrir ses frais de transport école-maison. Ce poste négocié selon la philosophie « Enseignement gratuit (ou presque) contre points » devient finalement un poste d'enseignement reconductible l'année suivante. Cette pratique n'a jamais scandalisé le Ministère ces dernières 20 années.
Cette situation a concerné 50% de mes collègues et amis de cours de DEA.
Dans un tel climat de désespoir, cette pratique est encore actuelle et contribue à dévaluer totalement le métier d'enseignant. Les enseignants qui refusent de se soumettre à cet asservissement (soit les autres 50%, les mieux classés !) finissent par ne pas enseigner.
Cette situation perdure depuis plus de 30 ans et règne encore souveraine en enrichissant de nombreux propriétaires d'Ecoles privées, légalisant ainsi le travail au noir, méprisant les mérites et le travail des individus en permettant l'accès plus rapide à l'enseignement au moins compétent et en condamnant les plus doués à l'inactivité.
Le dernier concours en Italie s'est tenu en 1999...
Nous avons, donc, avec l'expérience italienne un aperçu des dérives engendrées par une réforme de Mastérisation associée à une Agence Nationale de Remplacement (ANR)
En 2000 avec l'arrivée du 3-5-8 (LMD français selon la déclaration de Bologne) les règles ont soi-disant changées... Voyons comment :
Les concours déjà peu fréquents, trop coûteux et chaotiques ont été définitivement supprimés.
Ils ont été remplacés par deux années supplémentaires de formation diplômante avec examen final (donc : Master2 + 2 ans = bac + 7 ans). A l'issue de ces 2 ans de formations dits de SSIS (Scuola di Specializzazione per Insegnamento Secondario), on acquiert le droit d'être inscrits dans les listes d'habilités et de travailler (plus ou moins) gratuitement pour le privé.
De plus, ces deux années sont payantes, l'étudiant paye des droits d'inscription de 1600¤ /an, (ce qui en comptant 11.000 inscrits/an assure au Ministère un butin de 17,6 Million ¤ /an) qui avec les autres taxes et livres deviennent 2500¤/an, tout cela seulement pour espérer de figurer dans des listes qui ne garantissent rien (mis à part l'exploitation par le privé !).
En fait ce diplôme remplaçant le concours (obtenu au niveau bac + 7 ans) donne quelques chances de rentrer dans le public seulement après la quarantaine.
Ces cours SSIS diplômants dans le métier de l'enseignement se sont tenus de 2000 à 2009 mais pour 2010 le ministre les a suspendus et a verrouillé les listes permanentes de profs habilités.
Morale de l'histoire : dans la période 2000-2010 qui a suivi la Masterisation- Italienne le Ministère a réussi à « vendre » le droit d'accès à la liste d'enseignement qu'on délivrait avant par réussite au concours contre deux ans d'études payantes supplémentaires à chaque candidat soit une rente de 3200¤ par candidat.
De plus, il faut préciser que le taux de réussite pour ce diplôme est de seulement 20%.
Description de la situation Finale (30 après la masterisation)
Dans un rapport présenté à Rome le 11 février 2009 (par la Fondation Agnelli) sur la situation de l'Ecole Secondaire en Italie on explique comment depuis la suppression des concours dans les écoles l'âge moyen des Enseignants ayant un poste a explosé :
« L'Ecole Italienne a fait les cheveux gris ou même blancs : l'âge moyen de professeurs pour leur premier poste stable a presque doublé et nous avons les profs les plus vieux d'Europe »
La situation pour le futur est bloquée, avec les Ecoles de Spécialisation SSIS fermées, les concours supprimés, et les vieilles listes d'attente des profs habilités verrouillées : nous sommes ainsi en train de perdre toute une génération d'enseignants » (et j'ajouterais) surtout on a bouleversé et étouffé la vie d'une génération entière de jeunes.
Depuis 1999, l'âge moyen des enseignants s'est élevé de 4 ans : il est à présent de 50 ans.
« Environ 13,7% de nouveaux profs a 50-60 ans et 1,2 (d'entre eux) a plus de 60 ans :
Il pourrait prendre sa retraite tout de suite après avoir eu son poste. »
L'âge moyen des profs est passé :
Dans la maternelle dans les derniers 10 ans de 44,1 à 48,6 ans
Dans le CP-CM (élémentaire) est passé de 44,2 à 47,7 ans;
Dans le collège de 47,7 à 51,0 ans
Dans les lycées de 46,1 à 50,4 ans.
Au total de 1998 à 2008 on est passé d'un âge moyen de 45,7 à 49,4 ans.
Les professeurs ayant plus de 50 ans sont : 55% en Italie contre : 47% en Allemagne, 32% en Grande Bretagne, 30% en France et 28% en Espagne
De plus pour 2009-10 une nouvelle suppression de 37.000 postes a été annoncée par le Ministère.
Sur le quotidien La Repubblica, (article de S. Intravaia, Dossier) on peut lire :
Voici les nombres officiels du Ministre de l'Education secondaire : disparition de 2 postes sur 3
37 mille postes de titulaire seront supprimés dont plus que la moitié au Méridion.
La plus pénalisée sera l'Ecole CP-CM qui perdra 15.541 titulaires (le 10%).
Cette man½uvre sera réalisée en augmentant les heures hebdomadaires des enseignants titulaires et les effectifs des classes portés à 30 étudiants /classe. Elle privera de l'enseignement tous les non-titulaires, remplaçants et vacataires (diplômés SSIS).
Or sans vouloir insister sur les conséquences désastreuses d'un tel système d'accès à l'enseignement on peut au moins rappeler que dans une condition de précarité similaire :
1) L'accès à la propriété devient un rêve réservé aux plus aisés de par leur naissance.
Les banques ne concèdent aucun prêt pour financer l'achat d'un appartement (même petit).
2) Fonder une famille devient une responsabilité très difficile à assumer. Ceci explique les fameux jeunes-vieux italiens restant chez leurs parents jusqu' à 35 ans et plus
3) Beaucoup de familles jeunes sont maintenues par les retraites des grands parents.
4) Bac + 7 ans (ou plus) pour accéder à une liste d'attente ou bien travailler gratuitement (ou presque) pour le privé. Ensuite même plus ceci (verrouillage des listes).
5) Les rôles d'éducation de la société et de transmission du savoir sont confiés à des enseignants âgés, usés par leur parcours, gagnés par la démotivation, la détresse, la fatigue la frustration... Pendant ce temps les plus jeunes et motivés sont condamnés à l'inactivité
Ce sont des dérèglements sociaux extrêmement graves
Les questions suivantes s'imposent :
Quel futur pour ce prototype de recrutement et d'Ecole ?
Est-ce cette Ecole est destinée à être définitivement remplacée par les Ecoles privées ?
Etait ce bien (peut être) le véritable but fixé dès le départ ?
Quel futur pour une telle société ?

par Claudio Murolo
MCF - Centre de Mathématique Informatique Université de Provence

# Posté le mardi 25 mars 2008 16:00

Modifié le dimanche 10 mai 2009 07:39

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Alors que de nombreuses universités restent perturbées par le mouvement des étudiants et des enseignants, comme l'université de Lorient ou Rennes 2, Emmanuel Buron, maître de conférences en littérature française à Rennes 2, tente de décrypter l'un des points d'achoppement majeur du conflit, la “masterisation”, et en quoi selon lui celle-ci n'est pas acceptable.

“L'incertitude qui pèse aujourd'hui sur la tenue des examens dans de nombreuses universités occupe l'actualité, au point d'occulter les causes et les enjeux de la mobilisation sans précédent du monde universitaire. Valérie Pécresse joue cyniquement de l'inquiétude que cette situation suscite, pour dissimuler qu'elle a fait passer en force pendant les vacances plusieurs décrets contestés. Sur le front de la "mastérisation", les ministres concernés n'ont reculé que dans la mesure où ils y étaient contraints par le refus des enseignants d'élaborer et de transmettre les « maquettes », c'est-à-dire l'architecture des futures formations (quels cours les étudiants devront-ils suivre ? Combien d'heures représenteront ces cours ? etc). Mais ils n'ont pas renoncé à leurs projets : le communiqué de presse de Xavier Darcos du 30 mars 2009 détaille "les conditions de mises en oeuvre du processus de mastérisation [...] qui sera engagé dès l'année prochaine". A quelques mesures transitoires près, l'architecture de la réforme demeure inchangée, et elle met en question l'avenir même du système éducatif, non seulement universitaire, mais aussi primaire et secondaire. Toutefois, comme la question est technique, elle peut échapper à la plupart des citoyens, et ceux-ci demeurent perplexes devant une mobilisation dont ils ne comprennent pas pleinement les raisons. Je vais donc tâcher d'expliquer en termes simples, le moins techniques possible, le projet et les dangers de la réforme. Le lecteur comprendra alors une part des raisons pour lesquelles la colère des universitaires dure.

Pour présenter le projet de mastérisation, rappelons d'abord la différence entre un diplôme et un concours. Un diplôme certifie que l'étudiant a suivi un certain type d'enseignement et acquis un certain niveau de connaissance et de compétence. L'examen qui vérifie cette acquisition n'est pas sélectif : on peut théoriquement envisager que tous les étudiants s'y présentant soient reçus. Les deux diplômes universitaires fondamentaux sont la licence (trois années d'études après le bac) et le master (deux ans après la licence, soit cinq ans après le bac). Un concours en revanche est une épreuve de recrutement, qui donne accès à une profession. Dans le domaine de l'enseignement, le concours garantit un emploi et le statut de fonctionnaire à ceux qui l'obtiennent. Il ne s'agit donc pas tant de vérifier des connaissances que de choisir un petit nombre de candidats et d'écarter les autres. Le concours suppose que l'étudiant a déjà acquis un certain niveau de connaissance, déjà obtenu un certain diplôme. Les deux principaux concours touchés par la réforme sont celui de professeurs des écoles et le CAPES, qui donne accès à l'enseignement secondaire. Tous deux réclament une licence, après laquelle les candidats ont fait un an de préparation, à l'université et en IUFM : ces concours se passent donc au minimum quatre ans après le bac.

Le projet de mastérisation vise à dépasser ce partage entre diplôme et concours, en intégrant ces derniers dans le cadre d'une formation de master. La préparation s'effectuerait pendant la première année de master, et le concours lui-même aurait lieu vers le début de la deuxième année (au début de la cinquième année après le bac). Ainsi, les candidats qui échouent - la majorité - ne resteraient pas sans diplôme, mais pourraient obtenir un master, qu'ils prépareraient après leur échec au concours. Le ministère proclame aussi que sa réforme va élever le niveau de recrutement des futurs enseignants. Il prétend enfin améliorer leur rémunération : actuellement, les concours se passent quatre ans après le bac, mais le niveau universitaire reconnu des candidats correspond à une licence : l'année de préparation ne bénéficie d'aucune reconnaissance professionnelle, ce qui ne serait pas le cas si elle était validée par un master.

Ces intentions proclamées sont-elles crédibles cependant ? Dans la réforme envisagée, le concours se passerait au début de la cinquième année et non plus à la fin de la quatrième. D'une date à l'autre, il n'y a guère plus que les grandes vacances de différence. Faible élévation du niveau... Même trompe-l'oeil quant à la revalorisation des carrières : rien n'interdirait au ministère de considérer, dès maintenant et sans rien changer par ailleurs, que la réussite au concours donne un niveau équivalent à une première année de master. On voit que les gains spécifiques de la réforme sont largement illusoires. Les risques, en revanche, sont bien réels.

Le premier touche au prix de la formation. Aujourd'hui, le candidat reçu au concours ne devient enseignant que la cinquième année après son bac bien qu'il ait réussi ses épreuves un an auparavant. Dans l'intervalle, il est professeur stagiaire et effectue un tiers du temps d'enseignement d'un titulaire, les deux autres tiers étant consacrés à sa formation d'enseignant. Il se forme ainsi professionnellement pendant une année, au cours de laquelle il est déjà salarié. On voit que la mastérisation n'élève pas le niveau réel de formation des futurs enseignants, puisqu'aujourd'hui, ils n'entrent pleinement en activité que cinq ans après leur bac. En fait, les effets les plus évidents de la réforme sont de supprimer la dimension professionnelle de la formation et de priver les heureux candidats d'un an de salaire. Le ministère promet bien des stages en cinquième année, dont certains seraient récompensés d'une "gratification" (terme dédaigneux utilisé pour éviter le mot "salaire" !), mais ces promesses restent floues et incertaines. La réforme, c'est un an de vaches maigres en plus pour les étudiants.

Le second problème est celui de la qualité des formations. Actuellement, un master correspond à la rédaction d'un mémoire de recherche d'un volume de 100 à 150 pages environ, sur un sujet inédit (sans parler d'un certain nombre de dossiers complémentaires). La réforme voudrait qu'en deux ans, un étudiant mène de front ce travail de recherche, la préparation d'un concours et l'accomplissement de stages d'enseignement. Cela n'est possible qu'au prix d'une baisse du niveau d'exigence du master et du concours, et, s'il faut faire un sacrifice, nul doute qu'il portera d'abord sur le travail de recherche, moins impératif. Contre cette curieuse manière d'élever le niveau, les enseignants-chercheurs tentent à la fois de défendre le niveau d'exigence du concours et des formations en recherche, ainsi que d'assurer aux étudiants des conditions de préparation qui ne rendraient pas toute réussite impossible.

Le troisième problème apparaît quand on s'interroge sur le sort des candidats qui échoueront au concours, au début de leur deuxième année de master : sur quel type de master se rabattront-ils ensuite ? Un master de recherche ? Etrange recommandation qu'un échec au concours pour préparer en quelques mois ce diplôme exigeant qui se passe ordinairement en deux ans ! Prépareront-ils un master d'initiation aux métiers de l'éducation, dont la réforme envisage la création ? Ils auront alors un diplôme d'enseignement au rabais, puisqu'ils l'auront obtenu à défaut du concours. Ils n'en seront pas moins en concurrence avec les candidats reçus. On va ainsi augmenter le nombre de candidats à l'enseignement... à l'heure où l'on réduit le nombre de postes. Les conséquences sont prévisibles : les postes mis au concours vont se raréfier puis disparaître, et la plupart des enseignants du primaire et du secondaire seront recrutés sans concours, sur la base d'un master, c'est-à-dire qu'ils perdront la garantie de l'emploi et seront précarisés. Ce n'est pas de la politique-fiction : une réforme analogue a eu lieu en Italie voici quelques années. Enseignants, élèves et parents d'élèves s'en mordent les doigts, et manifestent massivement et régulièrement contre la dégradation dramatique de leur système éducatif. Bref, la réforme conduit à ce que les étudiants paient plus cher pour devenir des enseignants moins bien formés et plus fragiles. Est-ce bien l'éducation que vous souhaitez pour vos enfants ?

Pour éviter ces risques, il faut dégager le temps de la réflexion. Nous sommes en mai, la réforme est censée s'appliquer dès septembre, dans moins de trois mois si l'on déduit les vacances, et le ministère reste sans réponse devant la plupart des problèmes techniques de mise en oeuvre. Ces délais seraient déjà aberrants si tous les acteurs étaient d'accord. Ils le sont a fortiori quand la quasi-totalité du monde enseignant est réfractaire. La menace qui pèse sur la validation de l'année universitaire résulte du mépris que Valérie Pécresse et Xavier Darcos ont opposé à ces analyses, sur la table depuis des mois. Au nom d'une idéologie libérale dure, ils poursuivent la casse du service public de l'éducation, dont la formation des maîtres est une pièce fondamentale. Dans l'intérêt général, qu'ils ravalent leur orgueil, leur image politique et leurs projets électoraux dussent-ils en souffrir, qu'ils retirent enfin leurs réforme et ouvrent une vraie concertation. La formation des générations futures est tout de même plus importante que leur carrière !"

Emmanuel BURON, maître de conférences en littérature française , Rennes 2











# Posté le mardi 25 mars 2008 16:03

Modifié le dimanche 10 mai 2009 07:55