Masterisation des concours :
en danger, la formation des enseignants et donc l'éducation de nos enfants.
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la formation pratique réduite à la portion congrue. Actuellement la formation des enseignants est déjà de 5 ans, mais cela inclut une année de stage sur le terrain, rémunérée, à mi-temps. Par mesure d'économie, cette année de stage est supprimée : la formation pratique serait réduite à quelques mois et ses modalités ne sont pas absolument précisées à ce jour, alors qu'il s'agit d'une logistique complexe à mettre en place. Ce seront des enseignants moins bien formés qu'on enverra devant les élèves, à temps plein dès leur première rentrée !
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la baisse des exigences pédagogiques : les nouvelles épreuves des concours de recrutement, loin de valoriser les études faites à l'université, porteront, pour le CAPES, sur « les programmes d'enseignement des lycées et collèges ». Peut-on accepter que les futurs enseignants en sachent juste un peu plus que leurs élèves ? Dans une première version des CAPES de Langues Vivantes, il n'était pas prévu d'épreuve orale vérifiant la maîtrise de la future matière enseignée !
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Futurs enseignants précarisés, lors de leurs études (cinq ans, non rémunérées, rendent l'accès aux métiers de l'enseignement plus difficile aux étudiants de milieux modestes) et lors de leur entrée sur le marché du travail. Les titulaires d'un master-enseignement qui auront échoué au concours, viendront rejoindre la cohorte des enseignants précaires qui servent à « boucher les trous » provoqués par la suppression de 35000 postes dans l'Education Nationale entre 2007 et 2009. Des « petites annonces » nous sont actuellement envoyées pour recruter des vacataires à l'heure, au niveau licence, dans toutes les matières d'enseignement : ne vaudrait-il pas mieux, si on manque de profs, ouvrir davantage de places au concours ? L'objectif de la « réforme » semble en réalité, à court terme, la disparition des concours et la suppression du statut de fonctionnaire pour les enseignants.
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Système éducatif gravement menacé : n'ayant en outre plus accès à l'initiation à la recherche qu'ils pouvaient attendre de leur formation universitaire (il ne sera plus possible de préparer un concours et de s'investir parallèlement dans un master-recherche : on ne peut s'inscrire qu'à un master et un seul, recherche ou enseignement. Le choix sera vite fait), ce sont des enseignants peu ou mal formés qui dispenseront, d'ici quelques années seulement, une éducation au rabais aux générations futures.
Statut des enseignants-chercheurs :
conséquence de la LRU, vers une université-entreprise
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Chef d'entreprise et « ressources humaines » : la loi LRU fait du Président de l'Université un « patron » et, avec la réforme du statut des enseignants-chercheurs, lui donne la haute main sur son « personnel », avec un risque évident d'arbitraire. Transformer les enseignants-chercheurs en employés de l'université où ils exercent met fin au principe intangible d'indépendance de la recherche ; ce n'est pas au C.A. et au Président de l'université d'évaluer le travail de l'enseignant-chercheur, mais à la communauté scientifique. C'est un mensonge que de dire que nous refusons d'être évalués : nous nous soumettons déjà, aujourd'hui, à de nombreuses et complexes procédures d'évaluation.
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Des charges d'enseignement amenées à doubler ! à la place de l'égalité statutaire de tous les enseignants-chercheurs en France, est mise en place une « modulation de service », au bon vouloir de la Présidence en fonction de ses « besoins » (et de son budget...). Elle permet de jusqu'à doubler le temps d'enseignement des personnels de l'éducation supérieure – pour le même salaire, cela va de soi. C'est un mensonge que de dire que les « meilleurs » chercheurs seront récompensés par une charge d'enseignement moindre (l'enseignement, au passage, constitue donc pour le ministère une punition !) : les premiers exemples de mise en place de ces « modulations » montrent que, les budgets connaissant des coupes massives, les UFR de sciences humaines seront les grands perdants de la répartition, avec des services systématiquement doublés. L'économie saute aux yeux : deux fois moins de gens pour faire le « même » travail – au prix d'une inévitable dégradation de la qualité de l'enseignement délivré.
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Une concurrence sauvage entre disciplines et entre universités, pour recruter des étudiants, pour tenter de préserver la recherche. Avec la LRU, c'est à chaque président désormais de répartir une dotation budgétaire globale entre les différentes disciplines enseignées, selon qu'elles sont jugées plus ou moins « utiles » et « performantes » – et l'on sait combien M. Sarkozy estime les lettres et sciences humaines ! Au niveau national, un système à deux vitesses se profile : avec le plan Campus (qui vise à valoriser 10 « pôles d'excellence » pour tout le territoire), on se retrouve avec d'un côté, des universités prestigieuses qui offriront un enseignement de qualité adossé à une recherche active, et de l'autre des établissements de seconde zone, simples « collèges universitaires », où enseignants et étudiants surchargés de travail n'auront plus la possibilité d'être aussi des chercheurs. La qualité des formations délivrées est encore menacée par l'hypothèse d'un budget attribué, non plus en fonction du nombre d'étudiants, mais des taux de réussite : exemple frappant de mesure dangereuse et contre-productive, puisqu'au lieu d'élever le niveau elle entraînera, dans ce contexte de concurrence, une course à la baisse – venez chez nous, diplômes bradés !
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Les valeurs fondatrices de l'Université mises à mal : aussi bien dans sa grande mission d'éducation démocratique et égalitaire que dans les principes de collégialité (solidarité, répartition des tâches) qui permettent aujourd'hui le bon fonctionnement de l'Université et de la Recherche, et qui sont incompatibles avec une logique entrepreneuriale.
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L'Université d'***** spécialement menacée : notre petite université, fière de sa mission locale dans une région défavorisée, pâtira à l'évidence des nouvelles inégalités géographiques – et c'est pour cette raison qu'il nous faudrait accepter les « réformes » ??! Faut-il « sauver l'Artois » en se soumettant à un destin présenté comme inéluctable, au nom du « moindre mal » ? Ne faut-il pas plutôt refuser le spectre des « concurrents » lillois, et se concentrer sur une politique universitaire ambitieuse
Nous nous opposons aux réformes anti-sociales qui cassent les services publics et revendiquons le retrait des lois et décrets cassant le Service Public d'éducation nationale, (mesures Pécresse Darcos de la maternelle à l'université : LRU, masterisation, RASED, réformes des lycées,...)